Le colonel se tenait droit, faisant face au jeune garçon.
Il eut un petit rire nerveux avant de reprendre :
" Hors de question..?Mon jeune garçon...Hors de question...Savez-vous seulement...A QUI EST-CE QUE VOUS VOUS ADRESSEZ JEUNE INSOLENT !! "
L'homme, alors rouge comme l'une de ces tomates gorgées de soleil en plein été, lança son poing en arrière avant de le rabattre avec haine sur Stan.
Ce dernier l'arrêta d'une main, à quelques centimètres de son visage.
Le colonel tremblait de colère et dévisageait le jeune militaire, ce dernier restait impassible.
Retirant vivement son bras, le supérieur de Stan reprit :
" Je...Je ne supporterait pas un tel affront... "
Il se saisit alors du boîtier au bouton rouge et la tendit à l'un des soldats immobiles.
" Appuie ici pour montrer à ce jeune fou ce qu'est censé faire un bon militaire ! "
Rengainant son arme, le jeune garçon attrapa le fameux boîtier et, tremblant d tous ces membres osa un :
" Mais...Pourquoi faire sauter cette chaîne de montagne mon colonel ? "
Au regard terrifiant que lui lança son supérieur, le soldat déglutit avec difficulté et fit mine d'appuyer :
" NON ! " hurla alors Stan se jetant en avant.
Cette fois-ci, le colonel ne le loupa et le violent croché reçut sous le menton envoya le garçon au sol.
Le soldat, fermant les yeux et murmurant à une quelconque divinité de le pardonner, appuya sur le gros bouton rouge.
Semblable à un coup de tonnerre lorsque l'orage est encore loin, la détonation rugit quelques kilomètres au nord.
Un sifflement sourd se fit entendre et une traînée de fumée zébra le ciel jusqu'aux montagnes en seulement quelques secondes.
Arrivé à destination, le missile, dans une déflagration faramineuse et une lumière impénétrable, pulvérisa littéralement l'immense chaînes de montagnes.
Relevant la tête, complètement déboussolé par la scène, Stan haletait comme s'il venait de lui-même lancer un tel missile.
L'air était lourd et chaud...
Il se retourna vers le colonel :
" Mais vous êtes complètement malade c'est pas possible ! "
" Telric je vous conseille vivement de vous... "
Le coup de poing de Stan partit tout seul et le colonel s'effondra. Alors que le jeune garçon allait le frapper d'un coup de pied dans l'estomac, tout les fusils se braquèrent sur lui :
" Ha elle est belle l'armée tiens... - commença alors le garçon avec ironie, ses yeux mauves mitraillant les soldats - De vrais héros...Huit contre un...Et huit armés devrait-je préciser... Joli... "
Alors que le colonel se redressait, Stan lui asséna un violent coup de pied sous la mâchoire, l'obligeant à rester au sol, bravant en même temps les militaires qui le visaient :
" Tiens donc...Personne ne tire ? Mais pourquoi donc ? PEUT-ETRE PARCE QU'IL Y A ENCORE DIX MINUTES VOUS VOUS DISIEZ MES AMIS BANDE DE SALOPARD ! " craqua alors le jeune homme qui, subitement, fondit en larmes :
" C'est quoi ça hein ? QU'EST-CE QUE C'EST CA !! Je suis entré dans l'armée pour arrêter ceux qui détruise...Je suis entré ici pour faire le bien...MAIS MERDE ! TAGUEULE TOI !!! " hurla le jeune garçon, frappant une nouvelle fois le colonel qui allait parler.
" Stan... - commença l'un des militaires - Calme toi vieux...Nous oblige pas à... "
" A quoi Marc ? Oui...A quoi ? A me descendre ? Comme un chien ? C'est pas toi qui me pleurait dans les bras encore avant hier parce que ta femme te manque ? HEIN ? C'ETAIT PAS TOI !!! "
Stanislas Telric était entrain d'entrer dans une phase de démence, perdant peu à peu pied avec la dure réalité. La vision de cette destruction avait provoquée en lui un véritable cataclysme.
" Stan...C'est pas si simple..." reprit l'un des soldats avant de se faire une nouvelle fois interrompre par le jeune garçon.
" Biensûr que c'est simple John...Il suffit de savoir ce que tu VEUX faire...A partir de là tout est simple...Alors ? Vous voulez faire de la merde et sous prétexte que vous obéissez aux ordres d'un supérieur minable, détruire tout ce qui vous entoure ? Libre à vous...
Pas pour moi... "
Stan tourna les talons.
Le colonel, la figure en sang, se releva en hurlant :
" Pauvre petit crétin ! Tu crois quoi ? Hahahahaha !! Et tu veux faire quoi de beau jeune insolent ? Hein ? Dis nous ? "
Stan se retourna :
" Arrêter mon frère. "
Le colonel partit alors d'un vif éclat de rire incontrôlable. Rabattant la tête en arrière vers le ciel, une main sur le ventre, il revint plonger son regard d'acier dans celui, au combien ensorcelant de Stanislas :
" La moitiée de l'armée de notre putain de pays n'as pour seul et unique but que d'arrêter ton frère. Crois-tu vraiment pouvoir y arriver seul ? "
" Oui. " Acquiesça simplement le jeune garçon, ses larmes et ses nerfs s'estompant peu à peu.
" Bien bien bien...Je vois que ce n'est pas l'ambition qui te manque... "
" Je crois en moi, c'est tout. "
" Arrêtes avec de telles conneries tu veux ? Tu penses vraiment en être capable ?Tu n'as rien dans la tête ce n'est pas possible ! Ton frère est le pire danger de l'humanité...Il est déjà impensable que tu es réussi à te faire accepter dans l'armée avec les mêmes gênes que lui ! Il dispose d'une armée lui étant totalement dévouée et fait preuve d'une intelligence machiavélique dès qu'il s'agit de détruire ! "
" Vous êtes entrain de faire la biographie de Steven ? Je le connais vous savez...Mieux que vous pauvre loque...Vous me faites pitié...Niveau destruction j'ai l'impression que vous ne valez pas mieux...Allez vous faire foutre colonel...Vous et votre armée. "
Sur ces mots, Stan tourna les talons.
" Pauvre taré...TELRIC !!! VOUS N'AVEZ PAS LE DROIT DE QUITTER L'ARMEE DE VOTRE PROPRE CHEF !!! Revenez...IMMEDIATEMENT !!! "
Sans se retourner, le jeune garçon lança :
" J'ai tout les droits...Et je ne resterais certainement pas au milieu de tels dégénérés...Adieu ! "
" Faites un pas de plus et j'ordonne votre fusillade ! " hurla le colonel en rogne.
Stan s'arrêta net. Il se retourna vers les militaires qui pointaient tous leurs armes sur lui. Tour à tour, il les dévisagea tous, plongeant son regard dans chacun des leurs :
" Vous venez de baisser dans mon estime les gars...Mais vous êtes toujours mes amis...Tirez-moi dessus alors que je suis désarmé et que je vous tourne le dos et le seul regret que j'aurais, c'est de vous avoir tous portés dans mon coeur... "
A ces mots, tous marquèrent un temps d'hésitations et Stan partit, main dans les poches, de l'unité G-32 de l'armée secrète des Etats-Unis.
" FEU !!! " hurla alors le colonel.
Aucun des soldats cependant ne tira...
" Entouré d'une bandes de lâches ! " gueula alors le supérieur hiérarchique, sortant son arme, prêt à descendre Stanislas.
Un des soldats lui arrêta alors le bras.
Tournant alors à l'embrachement tout proche, Stan disparut derrière un long mur de béton, en direction de l'aéroport de la base.
Il entendit alors un coup de feu...
Fermant les yeux il comprit que Marc venait de rejoindre sa femme...
Une larme coula le long de sa joue mais déjà été-t-il dans un des avions de combat aériens.
La vision du colonel, du sang plein les vêtements le répugna et trois coups de feu de sa par ne firent qu'effleurer l'engin.
En effet, Stanislas Telric venait de s'envoler vers d'autres horizons...
Le seul problème fut le grésillement qui anima la radio de l'appareil. S'en suivit l'apparition de la voix familière :
" Telric...Je vous préviens...Vous aurez l'armée entière à vos trousses...Et ce n'est plus un entrainement. "
" Tout à fait colonel...Ce n'est plus un entrainement...La prochaine fois que je vous croise...Je vous tue... "
Un long silence s'en suivit et le grésillement reprit :
" Telric...Vous êtes orphelins...Mais il me semble qu'un foyer de votre ville natale, une petite fille à laquelle vous teniat particulièrement doit être entrain d'aller se coucher...Il serait bête que je la trouve avant vous... "
Un long poignard invisible traversa tout à coups la poitrine de Stan, lui amenant une telle douleur qu'il eut du mal à trouver la force de respirer pendant quelques secondes :
" Touchez à ma soeur espèce de raclure...Et je vous... "
Le grésillement cessa subitement et la radio se tut.
Stanislas comprit que le compte à rebour avait déjà commencé.
Il changea illico de cap et poussa l'avion dans ses derniers retranchements, volant le plus vite qu'il put.
Sa soeur n'avait que neuf ans...
Alors qu'il disparaissait dans la nuit sombre et étoilée, Stan remarqua deux avion identiques au sien apparaître dans son sillage.
La radio grésilla de nouveau :
" Appareil B-6, je répète appareil B-6, nous vous prions de vous posez en douceur ici même et tout se passeras pour le mieux. "
Stan coupa la radio, inspira à fond et s'aggripa de plus belle aux commandes.
S'ils ne le lâchaient pas d'ici quelques minutes il allait être obligé d'en découdre rapidement...
Fermant les yeux, le jeune garçon respira profondément.
" J'arrive Sarah...J'arrive ma puce... "