Alors ne dérogeons pas à la règle et je serais vraiment heureux que vous plongiez dans celle-ci comme dans Kassendre.
Et je vais faire de mon mieux pour qu'elle soit plus aboutie.
Merci à tous ceux qui lisent ce que j'écrit car ça donne un double sens à ma motivation.
Sur ce...
" GAUCHE ! " hurla le soldat, sautant de la voiture et tendant le bras en direction de l'orée de la forêt de pins toute proche.
" DEPLOIEMENT EN V ! VOUS NE LE LAISSEZ PAS FUIR ! "
A ces mots, une troupe de six hommes en tenue de camouflage et mitrailleuses au poing, se précipita en suivant les consignes.
L'homme venait de quitter la route pour entrer dans le bois tou proche.
Accolé derrière un immense tronc d'arbre, un jeune garçon haletait. Ses longs cheveux châtains, en batailles et trempés, lui retombaient dans les yeux. Des immenses yeux mauves et rutilants. La bouche grande ouverte afin de mieux respirer, il avait du mal à ne pas faire de bruit.
Soudain, le micro son d'un craquement de brindilles vint doucement vibrer dans son oreille à l'aguet.
Entrant en apnée, il pencha, avec une extrême prudence et une délicatesse de mère étreignant son enfant, sa tête sur le côté gauche de l'arbre.
Un soldat plus téméraire que les autres venait de pénétrer dans ce qui constituait pour la nature, le " hall " de la forêt.
Plaquant la tête sur l'écorce, le jeune garçon retenait toujours son souffle.
Son coeur battait la chamade. A lui seul il allait réveiller tous les animaux des environs.
La nuit venait effectivement de tombée, aussi, le soldat rabattit-il ses lunettes infrarouges sur son visage.
Le jeune garçon aux yeux violet déglutit avec difficulté.
Encore trois pas et ce serait bon.
Le soldat les fit, l'un après l'autre et pourtant avec maintes délicatesses, tous les trois.
Le voilà à la hauteur du fugitif. Ce dernier tendit le bras, l'attrapant par le cou et lui rabattant un bref coup de coude au-dessus de la clavicule.
Le militaire tomba dans les pommes.
Aussi rapide et silencieux fut-il, le jeune garçon alerta tout de même un groupe de trois hommes dix mètres plus loin.
Les entendant trottiner vers lui sans pour autant les distinguer à cause de la flore environnnante, le fugitif se baissa et ramassa l'arme de sa victime qu'il laissa en plan. Il eut juste le temps de se passer la mitraillette dans le dos et de disparaître.
Les trois soldats surgirent.
Avec précautions et habitude, ils se placèrent, proprement et efficacement.
Le premier s'avança vers son camarade à terre.
Les deux autres, lui tournant le dos, pointaient leurs armes dans deux directions simultanément opposées.
Cependant, ils ne regardaient pas au bon endroit.
Environ 6 mètres au-dessus, dans la pénombre totale, deux yeux mauves étincelèrent.
Accroupis sur une branche, le jeune garçon s'empara de l'arme.
Certes les premières branches d'un pin étaient hautes.
Mais ce gamin ne semblait pas comme tous les autres.
Portant l'arme à son visage, il ferma non pas un oeil mais les deux.
Viser ne lui aurait servit à rien, il ne voyait pas le sol.
Il écouta.
Une goutte de sueur coula le lon de sa tempe.
Une chouette hulula.
Un pied racla le sol. Là. Un poil plus haut. Ici !
Appuyant sur la détente, le jeune garçon décocha une balle en pleine tête du premier garde qui s'écroula.
Les deux autres tournèrent sur eux-même, cherchant dans toutes les directions.
Sauf en haut.
La seconde balle cueillit le militaire sous le nuque et il s'effondra silencieusement.
Le dernier encore debout compris alors.
En haut !
Levant la tête, il prit la branche du garçon en pleine ligne de mire, parfaitement visible de par les lunettes.
Mais sa cible n'était plus sur la branche.
La respiration du soldat s'arrêta lorsqu'il perçut le faible halètement dans son dos.
Debout derrière lui, la tête baissée, son visage dissimulé dans les ténèbres, le fugitif sourit.
Son bras immobilisa le militaire, le tenant juste sous la gorge, l'empêchant d'appeler à l'aide et, de son coude, il l'assoma de la même manière que le premier.
" Et bien...Quatre soldats surentraînés à toi tout seul, épuisé et en même pas 3 minutes...Félicitations...Je comprend pourquoi ils t'ont gardé malgrès ton arrogance. "
Se retournant, le jeune garçon perçut, dans la pénombre, l'ombre de son intelocuteur.
Dans un réflexe d'une vitesse effrayante, il braqua sa nouvelle arme sur cette masse informe mais l'homme en fit de même avec un revolver imposant.
" Très beau parcour...Mais il s'arrête ici. "
Le gamin sourit silencieusement.
" Un revolver...J'ai entre les mains un m16 colonel. Vous n'êtes pas conscient. "
" Ha ha ha...Tu me sembles en effet bien prétentieux garnement.Tes balles sont à blanc ne l'oublit pas..."
Le jeune garçon eut un hoquet de surprise :
" Pas les vôtres ? "
Le silence du colonel était plus qu'évocateur.
" Vous vous amuseriez donc à me tirez dessus...avec de vraies balles ? " demanda le fugitif la voix tremblant d'amusement.
" La mission était simple...T'arrêter...Si c'est là le seul moyen fais moi confiance. "
Le gamin rabattit la tête en arrière dans un fou rire sincère :
" Ne me faites pas rire ! Je vous rapelle que c'est une mission d'entrainement colonel ! Les armes autrement qu'à blanc ne sont pas autorisées. "
" Et garder cette coupe de has been ne l'est peut-être ? Tu n'es pas le seul à être effronté dans ce milieu gamin...Et si l'on ne t'as pas mis au pas en te rasant de force c'est certes parce que tu as casser la gueule aux trois huit soldats qui ont essayés de te mater mais surtout parce que tu fais preuve de compétences excellentes. On ne prendrait pas le risque de te perdre en te foutant à la porte. Mais tu n'es pas le seul dans ce cas là...Une balle dans ta jambe ne me vaudra que quelques remontrances et t'apprendra la vie... "
" Peuh..! "
Le jeune garçon remonta son arme à son épaule et ouvrit le feu en rafale de 12 balles par rifles, trois fois d'affilées.
Se protégeant derrière le bouclier qu'il tenait à sa portée, le colonel attendit que le jeune homme cesse.
Relevant la tête il reprit alors :
" Et oui...Qu'espère tu faire avec des balles à blancs pauvre bleu ? "
Il se rendit alors compte que le gamin n'était plus là et il entendit, terrifié, la réponse sortir des ténèbres sur sa gauche :
" Diversion bleu toi-même... "
Alors le fugitif surgit avec une prestance folle et assaina un violent coup de poing en pleine tête du colonel.
Ne prenant pas le temps de s'attarder dessus, il s'enfonça dans les ténèbres en courant le plus vite qu'il put. Et il n'en pouvait d'ailleurs plus beaucoup...
Le colonel hurla avec rage quelques mots déjà inaudibles pour lui.
C'est alors qu'il les entendit.
Les pales de deux hélicoptères fouettèrent l'air frais de cette nuit de novembre avec insistance et deux projecteurs immenses illuminèrent la forêt.
Les pins n'étant pas particulièrement une sorte d'arbre très touffus, surtout en hiver, le fugitif ne fut en aucun cas difficile à visualisez.
Un soldat, de l'engin volant hurla un " position de la cible 72;188 ! " dans son talkie-walkie et aussitôt, un bras en visière pour se protéger de la lumière, le jeune garçon entendit un sifflement sourd percer l'air et couvrir le bruit des hélicos.
Relevant la tête, il aperçut, dans le ciel sombre et étoilé, une petite fusée lumineuse et violette arriver au sommet de son arc de cercle et entamer sa chute, avec précision, droit sur lui !
Ayant juste le temps de plonger en avant pour ne pas se la prendre de plein fouet, le fugitif fut subitement assourdit par un sifflement horrible et une lumière blanche éclatante vint l'éblouir avec violence.
Tomba à genoux, le jeune garçon mis trois bonnes minutes à recouvrer ces esprits.
Lorsqu'il fut sortit de sa torpeur, une dizaine d'hommes l'entouraient, le tenant en joue.
La voix du colonel perça alors la pénombre :
" Petit insolent ! Oser traiter son supérieur hiérarchique de bleu ! "
Entrant de le cercle que formait les soldats, l'homme attrapa le fugitif par le col de sa veste débraillée.
" Je te félicite... Tu as tenu l'épreuve de traquage durant 52 heures...Le meilleur de tous avant toi n'en avait pas passé 24...C'est fort. Très fort. Maintenant, quelque chose me tracasse... "
Le jeune garçon, les yeux encore à moitié fermés par le douleur et un filet de sang coulant de son oreille se dégagea.
A la vue de sang, le colonel s'exclama :
" Ho..! Elle t'as vraiment frôlée...Ton tympan doit être percé, tu as besoin de soins. Mais avant... - il tendit un boitier orné d'un imposant bouton rouge au jeune garçon - Tu vas monter en grade après cette performance remarquable...Tu es très fort mais ton caractère d'effronté ne me plait guère...Dans l'armée on marche au pas...Et particulièrement dans ma division. Tu es désormais sous mes ordres...
Je vais essuyer le fait que tu m'es frappé tout à l'heure étant donné que ce n'était pas encore le cas...Maintenant appuies sur ce bouton. "
Portant une main tremblante à son oreille, le garçon pesta et s'essuya un peu de sang.
" Et...Cela auras quel effet ? "
Le colonel ne répondit pas, attendant visiblement autre chose, comme si la phrase n'était pas finie :
"...colonel... " ajouta le jeune homme, ces yeux mauves étincelant de suspicion.
" Seulement raser la chaîne de montagnes dans ton dos. "
Stanislas Telric se retourna et aperçut, à environ 20 kilomètres, une imposante chaîne de montagnes absolument isolée de toute civilisation.
" Vous vous foutez de ma gueule ? " murmura le jeune garçon entre deux halètements.
Autour de lui, aucun des soldats ne bronchait, tous restaient arme braquait sur lui.
" Je te conseille déjà de changer de langage. " répliqua le colonel.
Il asséna alors un violent coup de poing à Stan qui tomba assis par terre.
" On dirait que c'est ma soirée... "
" Pardon ? "
Le jeune homme se releva alors, une main sous sa mâchoire endolorie.
Il toisa le colonel et déglutit avec difficultée :
" Hors de question. " déclara-t-il alors d'un ton impartial, ses yeux magnifiques plus déterminés que jamais.
Voilà pour cette première partie.
J'espère qu'elle vous a accroché et que vous voudrez la suite.
Moi je suis bien emballé donc si vous voulez que je continue, vous savez ce qu'il vous reste à faire.
Merci de me dire ce que vous en avez pensé en toute objectivité, comme d'habitude et bonne nuit !




